Elevage de bestiaux en France

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L’élevage bovin en France s’organise autour de 2 filières :

• troupeau de races à viande (ou allaitant car les femelles allaitent leurs petits)
• troupeau de races laitières.

Elevage allaitant :

Les veaux élevés « sous la mère » (dénommés ainsi parce qu’ils tètent le lait de leur mère jusqu’au sevrage) donnent de la viande de veau de boucherie (10 %). Les autres veaux (60%) sont élevés plus longtemps pour donner de la viande issue de jeunes bovins ou de taurillons engraissés jusqu’à l’âge de 18 mois environ ou bien issue de bœufs et génisses engraissés jusqu’à l’âge de 3 ans en moyenne. Parmi les jeunes femelles et mâles, certains sont sélectionnés pour le renouvellement du troupeau (30 %).

Elevage laitier :

Les veaux sont élevés en majeure partie pour la production de veaux de boucherie (55 %), c’est notamment le cas des veaux mâles ; les autres veaux (25 %) sont élevés pour la production de viande bovine (jeune bovin, bœuf, génisse et vache). Parmi les jeunes femelles, certaines sont sélectionnées pour le renouvellement du troupeau (20 %).

Les élevages laitiers sont composés de races mixtes et laitières. Arrivées au terme de leur production de lait, les vaches de race laitière ou mixte sont commercialisées pour leur viande après une période de préparation appelée « engraissement » qui dure 2 à 4 mois : elles sont alors appelées vache de réforme et représentent plus de la moitié de notre consommation de viande bovine.


Elevage des veaux

Elevés jusqu’à 5 à 6 mois en France, parfois 8 mois dans d’autres pays européens, le veau de boucherie est issu des élevages laitiers dans la majorité des cas et des élevages allaitants dans une moindre mesure. En effet, en élevage laitier, environ 55% des veaux sont destinés à la production de veaux de boucherie contre environ 4% en élevage allaitant.

Il existe deux modes d’élevage en France :

• Les ateliers spécialisés accueillent la grande majorité des veaux, essentiellement issus du troupeau laitier. De nombreux éleveurs se sont spécialisés dans ce mode d’élevage qui demande une grande technicité. Ce mode d’élevage est présent sur l’ensemble du territoire national avec une forte prédominance « historique » dans les bassins laitiers de l’ouest (Normandie, Bretagne, Pays de Loire).  Environ 6 000 ateliers de plus de 25 places fournissent près de 85% de la production annuelle de viande de veau de boucherie.

• Le « Veau sous la mère » représente un peu moins de 10% de la production annuelle de viande de veau de boucherie. Il s’agit des veaux qui tètent le lait de leur mère jusqu’au sevrage. Ce mode d’élevage traditionnel est particulièrement présent dans le Sud-ouest de la France (Aquitaine, Limousin, Midi-Pyrénées).

veau sous la mere


 

L'alimentation des bovins

L’élevage des bovins repose sur une alimentation végétale

Les bovins se nourrissent essentiellement de végétaux. Chaque jour, l’animal doit consommer la quantité d’aliments nécessaire pour couvrir ses besoins : cette quantité est appelée la ration. Elle varie suivant l’espèce animale, l’âge de l’animal, le type de production principal (viande ou lait), la saison et la région d’élevage.


La ration alimentaire : plusieurs types de fourrages

La ration alimentaire des bovins, et plus généralement des ruminants, est essentiellement constituée de fourrage. Il existe en plusieurs types, qui se distinguent par leur mode de conservation :

• les fourrages verts directement pâturés par les animaux pendant la belle saison : herbe, luzerne, colza, … ;

alimentation bovins1

• les fourrages récoltés et conservés pour une consommation pendant l’hiver, parmi lesquels :

- les fourrages secs comme le foin (herbe fauchée puis séchée sur le pré avant sa récolte), ou encore la paille ; 
alimentation bovins2- les fourrages ensilés, stockés après broyage dans un silo et conservés par acidification en l’absence d’oxygène : ensilage de maïs, d’herbe, ou occasionnellement de sorgho ou de pulpe de betterave ; 
- les fourrages plus ou moins séchés, conservés à l’abri de l’air dans un film plastique, que les éleveurs appellent l’enrubannage d’herbe ou de légumineuses. C’est un produit intermédiaire entre un foin et un ensilage.

L’herbe tient une place prépondérante dans l'alimentation des bovins (60 % en moyenne). Cette herbe pâturée ou récoltée sur les 11 millions d’hectares de prairies permanentes du territoire français joue un rôle positif en matière de régulation écologique, d’entretien des paysages et de la biodiversité, de prévention des risques et d’aménagement du territoire.


L'utilisation des compléments alimentaires

Les fourrages ne couvrent pas toujours tous les besoins des bovins.

L’éleveur, qui connait ses animaux et sait évaluer leurs besoins, va régulièrement adapter la ration qu’il leur distribue. En particulier, il va la compléter avec des aliments concentrés, d’origine végétale et minérale. Une grande partie des compléments de nature végétale est produite sur l’exploitation, notamment les céréales.

Un complément protéique est apporté par les tourteaux, obtenus à partir des graines de plantes oléagineuses comme le soja, le lin, le tournesol ou encore le colza, après extraction de l’huile.

Un complément énergétique est apporté par des céréales riches en glucides telles que le blé, l’orge et le maïs ou d’autres végétaux tels que les betteraves sous forme de pulpe.

Des compléments minéraux (calcium, phosphore) et vitaminiques peuvent être apportés. Ils sont soit directement ajoutés aux fourrages ou aux autres compléments alimentaires, soit mis а la libre disposition des animaux, dans le pré ou à l’étable, sous forme d’un bloc de sels minéraux que les éleveurs appellent la " pierre а lécher ".


eau potable bovinsDe l’eau potable à volonté

Enfin, l’éleveur met à disposition des animaux, au pré ou à l’étable, de l’eau potable et propre.

Un bovin adulte, par exemple, peut consommer jusqu’à 100 litres d’eau par jour, suivant la nature de sa ration, la saison et le type de production.


L’alimentation des bœufs et des génisses de race à viande

Ces animaux à croissance lente, engraissés jusqu’à l’âge de trois ans en moyenne, donnent une viande de qualité réputée.  Après avoir passé environ huit mois au pâturage avec leur mère et avoir été sevrés, leur régime alimentaire alterne des phases de pâturage exclusif, sans autre aliment, au printemps, en été et en automne, avec des phases d’alimentation en bâtiment, l’hiver, quand l’herbe ne pousse plus, reposant sur du foin ou autre fourrage conservé, plus des céréales et des tourteaux.

Il y a bien sûr quelques variantes à cette alimentation type. En région Limousine, certaines génisses sont abattues jeunes vers 10 à 20 mois. De même, les bœufs issus de races laitières sont sevrés très tôt, et reçoivent durant les trois premiers mois de leur vie de l’aliment d’allaitement, du foin, des céréales et des tourteaux avant d’aller au pâturage. Ils sont abattus plus jeunes que les bœufs issus de races à viande.

A l’opposé, certaines génisses de races à viande sont élevées jusqu’à 42-45 mois et font alors souvent un veau, mais leur régime alimentaire reste le même que celui décrit plus haut.


L'alimentation des jeunes bovins ou taurillons

Les bovins mâles issus du troupeau français peuvent avoir plusieurs destinées :

• soit orientés vers la production de veau de boucherie ;
• soit castrés pour une faible proportion d'entre eux pour faire des bœufs ;
• soit engraissés pour être abattus jeunes vers 18 mois pour produire du " taurillon ".

La production de taurillons donne une viande peu colorée. Elle est majoritairement destinée au marché export. Leur alimentation est assez standardisée.

alimentation veauxLes trois quarts des jeunes bovins produits dans notre pays sont alimentés avec des aliments comportant du maïs-fourrage (plante entière). Cet aliment très énergétique, riche en glucides mais pauvre en protéines, est complémenté avec d'une part, des matières azotées sous forme de céréales, et d'autre part, du tourteau d'oléagineux (ex : tourteau de soja).

Les variantes dans l'alimentation sont liées aux disponibilités régionales :

• Dans le Nord, région productrice de betteraves sucrières, les pulpes sèches ou surpressées remplacent le maïs-ensilage.
• Dans le Sud-Ouest, le maïs-ensilage peut être remplacé par du sorgho ensilé, de la luzerne et, dans d'autres régions, par des céréales aplaties. 


L'alimentation des vaches laitières et allaitantes

L’alimentation des vaches laitières se partage en 3 périodes :

• la période d’élevage qui se termine avec le premier vêlage et pendant lequel l’alimentation de la génisse est du même type que celle des génisse de race à viande ;
• la période de production laitière pendant laquelle l’alimentation est plus abondante et plus concentrée en énergie avec les 3/4 de la ration constituée de fourrages (herbe et maïs principalement) et le quart restant de céréales et végétaux riches en protéines ;
• la période de finition qui a pour objectif de préparer la vache « réformée » avant l’abattage avec une nourriture plus énergétique constituée pour presque un tiers de céréales et végétaux riches en protéines.

Pour les vaches allaitantes, les périodes se ressemblent si ce n’est que la période de production consiste pour la vache à porter et allaiter son veau. Ayant un besoin énergétique moindre, son alimentation est davantage basée sur les fourrages que celle des vaches laitières.

Sur cette période, les vaches passent 60 à 80 % de l’année au pâturage, le plus souvent avec de l’herbe seule. En fin de carrière, la finition se fait soit au printemps à l’herbe complétée de compléments céréaliers et protéiques soit à l’étable avec des fourrages conservés et des compléments.


L’alimentation des bovins en chiffres

• 20 millions de bovins en France forment le plus grand cheptel d’Europe.
• la France compte 13 millions d’hectares de prairies.
• la ration des ruminants est composée en moyenne de 64 % d’herbe, de 20 % de maïs ensilé, de 10 % de céréales, de 5 % de tourteaux et de 1 % de minéraux et vitamines.
• 88 % de l’alimentation des bovins est directement produite sur l’exploitation agricole.


Une règlementation alimentaire rigoureuse

A chaque étape de la filière, les professionnels s'engagent pour garantir aux consommateurs une viande bovine de bonne qualité. A ce titre, les éleveurs respectent des normes exigeantes notamment pour la nourriture qu’ils distribuent à leurs animaux. En France, les viandes bovines proviennent d’animaux nourris exclusivement de végétaux et de compléments minéraux. L’apport de compléments alimentaires aux fourrages est encadré par une règlementation rigoureuse, tant à l’échelon national qu’européen. La réglementation impose un étiquetage précis de tous les produits achetés par l’éleveur et destinés à l’alimentation des animaux. La composition exacte de l’aliment commercialisé doit être portée sur l’étiquette.

L'interdiction des farines animales : une alimentation sécurisée

Pour éviter tout risque de contamination des bovins par l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), l’utilisation de farines animales est interdite dans leur alimentation.

• Depuis 1990, en France, les farines de viandes et d’os sont interdites dans l’alimentation des bovins.
• En 1994, l’interdiction a été étendue à l’alimentation de tous les ruminants, bovins, ovins et caprins.
• En 2000, en France et dans l’Union Européenne, pour éviter toute possibilité de contamination croisée accidentelle des aliments destinés aux ruminants, l’utilisation des farines animales a été suspendue dans l’alimentation de tous les animaux dont les produits sont destinés а la consommation humaine.

De plus, l’ajout d’additifs à action anabolisante ou antibiotique dans les aliments distribués aux bovins est interdit. Dans le cadre de plans de surveillance de la qualité sanitaire des produits animaux, la recherche de ces substances est régulièrement réalisée dans les viandes et les autres produits d’origine animale, afin de vérifier le bon respect des interdictions réglementaires.

L'utilisation contrôlée des plantes génétiquement modifiées (OGM)

La culture, l’importation et l’utilisation de plantes génétiquement modifiées pour l’alimentation animale sont soumises à une règlementation très stricte : seules certaines variétés sont autorisées après évaluation réalisée au cas par cas par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), et par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA). Leur utilisation est ensuite soumise à des règles précises de traçabilité et d’étiquetage et à un contrôle rigoureux de la part des Pouvoirs Publics.

De 2008 à 2011, aucune culture commerciale d’OGM n’était permise sur le territoire national, suite à la clause de sauvegarde de 2008 suspendant la culture du maïs MON 810 sur le territoire national. Dans l’attente du renouvellement éventuel de son autorisation, aucune culture commerciale d’OGM n’est pratiquée sur le territoire français. Suite à des recours en annulation de cette clause, portés par plusieurs sociétés productrices de semences génétiquement modifiée devant le Conseil d’Etat français, celui-ci a demandé l’avis de la cour européenne et vient de rendre sa décision qui s'aligne avec Bruxelles: le moratoire est aujourd'hui officiellement levé. Les agriculteurs français pourraient légalement, à partir de cette année, cultiver les 3 variétés de maïs destinées à l’alimentation animale autorisée sur le territoire français.

Par ailleurs, les compléments alimentaires commercialisés peuvent être fabriqués à partir de plantes génétiquement modifiées importées de pays où leur culture est autorisée comme c’est le cas pour le soja. Ils sont soumis à un étiquetage informatif obligatoire, précisant la présence d’un organisme génétiquement modifié ou d’un de ses dérivés, dès lors que leur quantité est supérieure à 0,9 %. Cela permet non seulement d’assurer la traçabilité des produits, mais surtout d’informer clairement l’éleveur sur la composition des compléments alimentaires qu’il achète, et donc lui permettre de choisir l’alimentation qu’il souhaite distribuer à ses animaux.

En France, pour les bovins, la majeure partie de la ration provient de l’herbe des prairies naturelles et de végétaux cultivés sur l’exploitation. Seule une faible proportion des compléments alimentaires du commerce qui leur sont destinés peut contenir des plantes génétiquement modifiées : en moyenne 2.5 %.